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 Zones industrielles : Le rapport-plaidoyer qui met le Cameroun face à son miroir

Zones industrielles : Le rapport-plaidoyer qui met le Cameroun face à son miroir

Remis au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique le 11 juin, le rapport de la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles et de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel chiffre le paradoxe : 7 000 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires mais des zones vieillissantes. Douala Bassa et Bonabérie ont servi de terrain de vérité devant la Banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel et la Coopération allemande.

Yaounde le 11 juin – Le rapport qui fait état

C’est un document choc que la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel ont remis en main propre au ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Pr. Fuh Calistus Gentry. L’enquête socio-économique menée de novembre 2025 à février 2026 dans les 11 zones industrielles dresse un état des lieux précis.

Les faits : 7 000 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires en 2024, 405 entreprises installées, 20 000 emplois créés sur l’année. Sur 2023, ces zones pèsent 4 622,1 milliards de francs CFA de production, soit 3,14% du produit intérieur brut, avec plus de 200 000 emplois au total.

Le constat : en 50 ans, seuls 20 milliards de francs CFA de financements publics. Résultat, des infrastructures vieillissantes, non conformes aux standards internationaux. Le rapport parle de « paradoxe » : forte contribution économique, faible niveau d’équipement.

 Le plaidoyer qui interpelle 

Autour du thème « Attractivité et compétitivité des zones industrielles pour la Stratégie nationale de développement 2030 et la Zone de libre-échange continentale africaine », l’atelier stratégique devient tribune de plaidoyer. La Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel n’y vont pas par 4 chemins : mettre les zones existantes à niveau, et sécuriser leur financement.

Le plaidoyer repose sur une comparaison internationale. Recommandation principale : le Cameroun doit créer un fonds souverain dédié aux zones industrielles, comme pratiqué dans plusieurs pays. Objectif affiché : transformer ces espaces en écosystèmes compétitifs, attractifs pour les investisseurs et intégrés aux chaînes de valeur de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Douala, 2 jours – Le terrain qui fait mal

Le rapport donne les chiffres. Douala Bassa et Bonabérie donnent la réalité.

Pendant 2 jours, la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles a conduit l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, la Banque mondiale et la Coopération allemande au cœur des zones industrielles. Objectif : présenter les données du rapport directement aux partenaires et entreprises installées, puis toucher du doigt l’état de délabrement. Énergie instable, logistique saturée, assainissement défaillant : les bailleurs ont vu de leurs propres yeux ce qui freine les 405 entreprises.

L’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel a ensuite animé un atelier de restitution des données sur place. Face aux clients régulièrement installés, les chiffres du rapport ont pris corps. Le message des bailleurs est clair : le diagnostic est posé, les standards internationaux sont connus. Reste à aligner les financements pour passer ces zones du potentiel à la performance.